Bilan carbone en élevage : un outil clé pour préparer l’avenir

Longtemps mis en cause pour son impact climatique, l’élevage est aujourd’hui aussi porteur de solutions concrètes pour répondre aux enjeux climatiques. La réalisation du bilan carbone s’inscrit dans cette dynamique : elle apporte des repères techniques concrets aux éleveurs et aux filières, tout en contribuant à structurer des trajectoires de progrès adaptées à la diversité des élevages.

Le bilan carbone en élevage, c’est quoi ?

Le bilan carbone consiste à mesurer les émissions de gaz à effet de serre d’une exploitation sur l’ensemble de ses postes : alimentation des animaux, gestion des effluents, énergie, intrants, achats, etc.​
Concrètement, il permet à l’éleveur :

Le bilan carbone devient un véritable outil d’aide à la décision pour piloter l’exploitation et anticiper les évolutions de filière.​

Des outils dédiés pour accompagner les éleveurs

Les démarches de bilan carbone en élevage reposent sur des outils développés par les instituts techniques et reconnus au niveau national. En filière porcine, l’outil GEEP, conçu par l’IFIP (Institut du Porc), permet de réaliser un diagnostic complet des émissions. En bovin et en volaille, des outils tels que CAP’2ER, conçu par l’IDELE (Institut de l’Élevage), sont utilisés pour mesurer l’empreinte carbone et analyser les principaux postes d’impact.

Ces outils :

Ils offrent une restitution visuelle et structurée qui facilite les échanges entre l’éleveur et ses partenaires pour construire des plans d’action concrets.​

Une dynamique portée par les filières et leurs partenaires

L’intérêt pour les bilans carbone s’est nettement renforcé ces dernières années.​
Plusieurs facteurs expliquent cette dynamique :

Dans ce contexte, les groupements et organisations d’éleveurs occupent une place centrale : ils accompagnent la mise en œuvre des diagnostics, contribuent aux comités de pilotage des outils (comme GEEP) et à leurs évolutions et facilitent le partage d’expériences entre exploitations. Ils peuvent, comme le Groupe Michel, s’appuyer sur des services environnement dédiés, portés en interne ou avec l’appui de partenaires, pour accompagner les éleveurs dans la réalisation des diagnostics et l’analyse des résultats.

Confidentialité des données : un enjeu majeur

La question de la donnée est au cœur des préoccupations. Un diagnostic carbone repose sur de nombreuses informations techniques et économiques propres à l’exploitation.​
Deux principes sont essentiels : les données restent la propriété de l’éleveur et leur utilisation s’inscrit dans un cadre strictement professionnel et confidentiel.

Ce cadre de confiance est indispensable pour sécuriser la démarche et encourager les éleveurs à s’engager dans le temps.​

Quels leviers d’action pour réduire l’empreinte carbone ?

Une fois le diagnostic réalisé, l’objectif est de transformer les résultats en plan d’actions réaliste et priorisé. Les leviers diffèrent selon les systèmes.

Parmi les leviers fréquemment travaillés :

  • l’amélioration de l’indice de consommation et des performances techniques ;
  • l’optimisation de l’alimentation (ration, matières premières, formulation, origine locale) ;
  • la gestion fine des bâtiments (énergie, ventilation, chauffage, isolation) ;
  • l’organisation globale de l’atelier pour réduire les pertes et gagner en efficience.​

Un point clé ressort : plus un éleveur maîtrise techniquement son outil de production, plus il limite ses émissions et plus il améliore ses résultats économiques. Performance environnementale et performance économique avancent ici de pair.​

Le bilan carbone au service de la transition agricole

Au-delà du chiffre final, le bilan carbone en élevage est surtout un support de réflexion et de dialogue. Il permet d’objectiver les pratiques, de créer un langage commun entre éleveurs, groupements, transformateurs et clients finaux et aide à structurer des trajectoires de progrès à l’échelle de chaque exploitation et de chaque filière.​ Dans un monde agricole en pleine mutation, ces diagnostics s’inscrivent dans une démarche plus large de transition : construire des systèmes d’élevage plus résilients, mieux reconnus pour leurs efforts et capables de répondre durablement aux attentes des consommateurs comme des territoires.


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