Accompagner le renouvellement des éleveurs : soutenir les éleveurs, encourager la relève générationnelle

La parole à :

Alain SALMON, Responsable technique et commercial volailles de chair – Ets. Michel

Selon toi, quels sont aujourd’hui les principaux défis liés au renouvellement des générations dans le métier d’éleveur ?

Aujourd’hui, le principal défi est de trouver des éleveurs pour remplacer ceux qui arrêtent. Deux cas de figure se présentent : soit la reprise d’élevages existants, soit la construction de bâtiments neufs pour de nouveaux entrants, qui ne viennent pas forcément du milieu agricole. Mais ce n’est pas simple, notamment parce que ces nouveaux profils n’ont pas toujours l’assise financière ni la légitimité bancaire nécessaire pour se lancer.

Comment le Groupe Michel s’y prépare ?

C’est un sujet que le groupe anticipe depuis longtemps. Déjà il y a une vingtaine d’années, Jean-Yves Michel s’en préoccupait. Nous avions recensé tous les éleveurs, leur âge, leur date de retraite et la présence éventuelle d’un successeur. Aujourd’hui encore, nous restons très vigilants, nous organisons des portes ouvertes, nous communiquons davantage pour capter les jeunes qui projettent de s’installer. Même si nous progressons en termes de notoriété et de visibilité, nous nous rendons compte que certaines personnes ne nous connaissent pas encore, ce qui montre qu’il faut faire encore plus. Nous devrions être incontournables, mais nous ne le sommes pas encore.

Sur quels projets du Groupe Michel es-tu particulièrement impliqué pour dynamiser le renouvellement des générations d’éleveurs ?

Avec la commission RSE, je participe à renforcer notre présence dans les écoles agricoles, en ciblant celles qui correspondent le mieux à notre identité et où nous pouvons espérer un retour à court ou moyen terme. Nous nous intéressons aux formations des MFR, Bac Pro, BTS, écoles d’ingénieurs… Une majorité de leurs élèves ont pour projet de s’installer dans les années à venir. Nous cherchons donc à nouer un partenariat pour nous faire connaître, participer à la formation des éleveurs de demain et provoquer des vocations en élevage. Nous souhaiterions nous offrir le maximum de chances pour qu’ils nous rejoignent, un peu plus tard.

Au travers de ma casquette de Responsable Technique et Commercial des activités volailles des Ets. Michel, je participe à la prospection du parc existant : auparavant, j’avais une dizaine de classeurs avec les caractéristiques de chaque éleveur : nombre de poulaillers, type de production, équipes… Chaque visite y était annotée. Mes collègues commerciaux volailles sur la zone Nord-Est ont pris le relais, mais la démultiplication des classeurs a rendu le tri et l’analyse difficiles.

D’où l’idée de la nouvelle génération d’avoir tout sur tablette, accessible à tous. Cela nous permet de prospecter efficacement et de repérer les opportunités. Récemment, j’ai ciblé des éleveurs proches de la retraite, j’ai discuté avec eux de la succession et d’éventuels investissements pour la faciliter comme le jardin d’hiver. Ils m’ont rappelé six mois après pour avancer sur leur projet. Être présent avant la retraite augmente nos chances d’attirer un jeune repreneur. Il faut donc être présents sur le terrain en renforçant nos équipes commerciales, c’est un investissement indispensable.

Et le métier d’éleveur de demain, comment l’imagines-tu ?

Le métier restera fondamentalement le même, avec la même exigence d’implication et d’observation. L’arrivée de l’intelligence artificielle va aider à optimiser l’efficacité et la réactivité des éleveurs mais également de nos techniciens qui les accompagnent. Avec le temps, certains projets pourraient se spécialiser davantage. Dans nos autres zones commerciales, comme les Pays de la Loire ou le Finistère, les élevages sont par exemple déjà très spécialisés.

« Être en contact avec les écoles agricoles, c’est préparer dès aujourd’hui les éleveurs de demain.»

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Publié le 14 août 2026

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